mardi 9 août 2011

loustic sous le stick ... 31




 
Je sentais ma Maîtresse fatiguée. Elle venait se subir un traumatisme, qui expliquait sans doute son intransigeance. Je ne pouvais toutefois m’empêcher de penser que cette cruauté avait des relents de profonde injustice à mon égard. Au fond d’elle-même, était-elle un tout petit peu reconnaissante de l’assistance que je venais de lui porter ? Ces excès, que j’entendais bien assumer, et dont j’avais pourtant l’habitude, me mettaient cette fois mal à l’aise.
Je m’affairais à la préparation de son bain, sans parvenir à me faire une raison.

« Votre bain est prêt Maîtresse … voulez-vous que je vous aide à vous rendre à la salle de bains ?
-         Oui aide-moi à me relever … je suis fourbue … on dirait une petite vieille … c’est lamentable.
-         La douleur va s’atténuer peu à peu Maîtresse. Un jour ou deux et vous ne sentirez plus rien …
-         C’est gentil d’essayer de me rassurer … il est vrai que tu parles en connaissance de cause … mais quand même … je suis furieuse ! … aïe ! Fais attention loustic tu me fais mal ! … Porte-moi …
-         Oui Maîtresse … ce bain va vous faire le plus grand bien …
-         J’espère ! … En plus, je me sens si sale ! …
-         Entrez progressivement dans la baignoire … là … le contact de l’eau va d’abord vous chatouiller … mais très vite, vous allez ressentir un bien-être … Voulez-vous que je reste près de vous ?
-         Oui. Tu vas m’asperger mais très doucement … Mais rapporte-moi d’abord mon téléphone … Je vais appeler Nat … »

J’avais mal de la voir si mal en point. Quand on n’est pas habitué à la douleur, la souffrance est bien plus insupportable. Et la peur laisse des traces, avive les plaies, accentue l’angoisse.
Quand je suis revenu avec le téléphone portable, j’ai aperçu des larmes qui coulaient sur ses joues. J’ai eu envie d’y déposer un baiser, et de boire ces larmes.

« … Nat ? … Oui c’est moi … Marina … je … oui c’est pour ça que je t’appelle … Tu dois t’inquiéter ? … Ah bon … Ecoute … ça m’ennuie … mais je préfère t’amener loustic demain matin seulement … c’est vrai tu ne m’en veux pas ? … pas très tôt je pense … vers … vers 11h00 … tu seras chez toi ? … OK … OK … Ca marche … Désolée pour ce contretemps cara … Oui … oui il est venu … je t’en parlerai demain … je te raconterai … non pas très bien … si si ! … de ce côté-là pas rien à redire … non c’est sur la fin que ça ne s’est pas bien passé … d’ailleurs à ce sujet, je te recommande d’être vigilante si tu le revoies ou s’il t’appelle … oh écoute … je n’ai pas le courage de t’en dire davantage ce soir cara … demain promis je te raconte … il faut que tu saches, car l’affaire n’est sans doute pas terminée … Bon je te laisse je suis épuisée là … Oui toi aussi bonne nuit, ne te couche pas trop tard … A demain cara … Moi aussi je t’embrasse … ciao ! »

Mademoiselle Marina me tend son téléphone, je le pose sur un tabouret.
« Bon … ça c’est fait … on en était où loustic ?
-         Pardonnez mon audace Maîtresse, mais … je dirais que nous en étions au moment où il serait raisonnable de vous reposer !
-         Oui tu as raison … quelle soirée ! … demain, je ne fais rien ! Rien du tout ! … à part te conduire chez Nat … Après je rentre et je dors jusqu’au lendemain ! …
-         Puis-je vous rappeler, Maîtresse, que vous aviez décidé de prévenir vous-même mes contacts de mon indisponibilité …
-         Ah oui exact ! J’ai ça aussi à faire demain …
-         Mais je peux le faire moi-même si vous préférez Maîtresse … ce qui vous permettra de mieux vous relaxer …
-         Quand était prévu ton avion déjà ?
-         A 17h45 Maîtresse …
-         Tu as annulé ton billet ?
-         Non pas encore Maîtresse.
-         Fais le demain matin avant de partir chez Nat. Puisque ton vol est demain à 17h45, tu n’as pas de rendez-vous avant après-demain … ca me laisse un peu de temps pour les contacter … Je passerai des coups de fil demain en fin d’après-midi, voire le lendemain matin. Quel jour et quel heure le premier rendez-vous ?
-         Je ne me souviens plus exactement Maîtresse … Il faudrait que je consulte mon agenda …
-         Eh bien ! Qu’attends-tu ? Vas le chercher !
-         Oui Maîtresse. »

... à suivre ...

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