« … Charlotte ! La fille sérieuse … » - manière élégante (en aurait-il été capable ?) de dire « Tu sais, Charlotte, la blondasse coincée du cul qu’aucun mec n’a réussi à se faire ? »
Et voilà comment j’en arrive à confesser que rien de sexuel ne s’est produit pendant les 5 années passées sur les bancs et dans les ateliers de Boulle.
Dans ces temples de liberté sexuelle que sont les écoles artistiques, la seule fille à qui rien n’est jamais arrivé, ce doit être moi, Charlotte BERTRAND.
Je ne compte pas le nombre de propositions que l’on m’a faites. Je n’étais certes pas des plus délurées, mais j’étais loin d’être laide, et j’estime avoir encore un physique agréable. Mon air taciturne, mon côté « jeune fille sérieuse », n’étaient pas des atouts, mais ils n’étaient pas de vrais obstacles pour ces jeunes hommes habitués à tremper dans le stupre. Ils ne s’embarrassaient pas de préambules, pourquoi se seraient-ils gênés d’ailleurs, puisqu’il leur suffisait de claquer des doigts, de passer une main sur une croupe, de faire un clin d’œil ou de simplement demander : « tu aurais un moment là, pour baiser ? » - Les filles qu’on s’échange, les partouzes à grande échelle, c’était leur quotidien. Les filles n’étaient pas en reste d’ailleurs, super-libérées, sans scrupule, sans tabou.
Et moi, Charlotte, cataloguée « coincée du cul », je répondais systématiquement « non ».
Ca ne m’intéressait pas. Je n’en avais pas envie. J’étais là, dans cette école, pour apprendre, pour vivre ce qui me passionnait, la création artistique.
Ma vie sexuelle, jusqu’alors, s’était résumée à une masturbation clitoridienne régulière. Ce n’était pas un rituel, il n’y avait aucune cadence. Je me caressais le soir, dans mon lit, quand revenaient à ma mémoire les épisodes qui ont engendré mes fantasmes. Contrairement à sans doute une majorité de filles, je ne m’imaginais pas entre les bras de beaux princes charmants, ou m’ouvrant sous les ardeurs de surfeurs blonds aux abdominaux saillants. Mon truc à moi, ce qui faisait naître cette intense et humide chaleur entre mes cuisses, c’était me remémorer ces scènes vécues sous l’emprise de deux salopes adolescentes, qui prenaient plaisir à m’humilier. Et moi, sans encore avoir conscience de ma préférence pour la soumission, je m’abandonnais, terminant ma journée de classe avec le minou trempé. Une fois ma culotte récupérée, rendue devant le portail du lycée par l’une ou l’autre de mes tortionnaires, je rentrais vite chez moi, fonçais dans les toilettes pour m’astiquer le bouton.
Mais cette histoire de culotte confisquée n’était pas la seule brimade que m’imposaient Patricia et Graziella, les Corsica Sisters. J’y reviendrai dans ce récit … si j’ose.
La fin des études secondaires, bac en poche, me voici libérée de ces deux femelles vicieuses. Chacune de nous intégrant un cycle d’études différent, nous ne nous sommes plus revues … jusqu’à cet entretien stupide, dans ce même lycée.
Si je n’avais plus à subir cette domination, elle revenait assez souvent me hanter, la nuit, nourrissant ma libido. Libido dans laquelle il semblait ne plus y avoir de place pour une sexualité ordinaire. Parfois, je remarquais qu’un garçon me plaisait bien, mais sans jamais penser à coller ma peau à la sienne.
L’un d’eux, dont j’ai oublié le prénom, m’a un jour entreprise, lors d’une soirée dansante, et je me suis laissé embrasser. Sans en avoir réellement envie, juste en me disant « tu paraîtras peut-être un peu moins gourde ». J’ai mis immédiatement un frein à ses ambitions quand sa main a commencé à se balader sur mes fesses. Je n’étais pas du tout excitée, je n’avais pas envie de flirter.
Vierge ? … Oui, en quelque sorte, je le suis restée jusqu’à 27 ans. Je dis « en quelque sorte », parce que je m’étais tout de même inquiétée de cet état. Etait-ce normal ? Non, probablement. Comme il n’était pas question que je confie à un garçon le soin de rétablir cette normalité, je me suis moi-même dépucelée. Méthode classique, la bougie de ménage m’a semblé le moyen le plus indiqué. A part une petite douleur supportable, je n’ai éprouvé aucun plaisir à cette pénétration vaginale. D’où l’absence d’envie de recommencer.
... à suivre ...





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