J’ai suivi à la lettre les conseils avisés de Vincent et de Monsieur CHANTEREL (lui, je n’ai pas réussi à l’appeler Jean-Pierre). J’ai investi : le magasin a été refait à neuf, dans le meilleur des goûts, luxueux, mais sans outrance. Les deux appartements ont été vendus, l’un aux locataires, l’autre à un investisseur. Cette réalisation de fonds était nécessaire pour assurer la viabilité du projet. La banque, par l’intermédiaire de Vincent, m’a prêté la somme nécessaire pour boucler le plan de financement.
Pour me permettre de travailler à la création de bijoux, dans l’atelier désormais ouvert sur l’espace commercial du magasin par une très large paroi vitrée, j’ai embauché Marie-Hélène, qui s’est révélée une excellente vendeuse, apprenant vite les bases nécessaires au conseil de la clientèle. Les femmes appréciaient beaucoup son petit air complice, lorsqu’elle parlait de leurs maris, et les hommes quant à eux, se laissaient séduire par son sourire aguicheur, sa silhouette toujours mise en valeur.
La clientèle s’est développée beaucoup plus vite que je n’avais pu l’espérer. Sans que je fasse la moindre pub, par le simple bouche-à-oreille, de clients satisfaits, et par l’image que donnait à présent l’aspect du magasin. L’affaire, en six mois de temps, avait triplé son chiffre d’affaires, et multiplié par 4 les bénéfices, malgré la charge salariale que représentait l’embauche de Marie-Hélène. Et, j’avais retrouvé le sourire, me rendant chaque matin au magasin et à l’atelier avec l’envie de créer de belles choses.
Marie-Hélène s’éprit d’un client, qui lui-même s’éprit d’elle. Amandine et elle s’installèrent avec Arnaud, un veuf bien comme il faut, belle situation, deux fois plus âgé qu’elle, et donc ravi de pouvoir envisager l’avenir entouré de jeunesse. Je me retrouvai seule dans l’appartement, ce qui n’était pas pour me déplaire. Le soir, je veillais jusqu’à plus d’heure, pour imaginer, créer ma propre collection de bijoux. Le dimanche, mon atelier était mon refuge, mon paradis. Seul hic dans le paysage, Marie-Hélène, à présent à l’abri de tout souci financier, démissionna, m’obligeant à recruter une nouvelle vendeuse, qu’il fallut former et accompagner dans ses débuts.
Vincent me rendit visite au magasin. Pas banale, la visite impromptue de son banquier ! Surtout lorsqu’il vous remet un énorme et magnifique bouquet de fleurs …
C’était la fin de journée, un quart d’heure avant la fermeture … j’ai invité Vincent à dîner … chez moi. Le frigo était vide, j’ai servi une omelette.
Vous aurez deviné que l’essentiel de la soirée ne fut pas cette frugale collation, mais ce qui s’en est suivi. Nous avions un peu bu. Trop. Je n’ai pas contesté lorsqu’il a approché ses lèvres des miennes, et m’a pris la bouche avec délicatesse. Je n’ai pas contesté non plus lorsque sa main s’est frayée un chemin sous mon chemisier, puis a dégrafé mon soutien-gorge. Je ne me suis dès lors, plus opposée à quelque geste que ce soit. Il m’a fait l’amour … classiquement, jouissant toutefois très vite en moi. Précipitation que je mis sur le compte de l’émotion. J’étais bien, sans avoir eu d’orgasme, ayant apprécié ses caresses, celles de ses mains, celles de sa bouche, la douceur de la pénétration … Je n’ai pas joui, mais il m’a fait du bien.
C’est « mon » banquier qui m’a vraiment dépucelée.
Il venait de divorcer, nous nous sommes revus, souvent. Et mariés un an plus tard.
Que dire de ce mariage ? Qu’il a commencé comme tous les autres j’imagine, dans la joie, dans la douceur de se retrouver chaque soir, de passer du temps ensemble, à discuter, se câliner, faire l’amour. Faire l’amour … formule excessive, puisqu’à peine mon mari était en moi qu’il éjaculait. Vincent ne m’a jamais fait jouir. Son désir était pressant, il ne savait pas le retenir. Ejaculateur précoce dit-on. N’ayant pas d’autre exemple, pas de point de comparaison, je faisais avec, concluant que la masturbation reste le meilleur moyen pour une femme, de se procurer des orgasmes.
La suite fut des plus banales. Enceinte, je donnai naissance à Elodie 18 mois après notre mariage. Pendant ma grossesse, Vincent s’éloigna de moi peu à peu. Son train de vie, à mes dépens, s’avéra vite abusif, il sortait beaucoup, ne rentrait pas toujours. Je supportais ses excès, ses dépenses, ses humeurs, sans évidemment les apprécier.
... à suivre ...





2 commentaires:
J'ai un peu perdu le fil dans ces histoires financières... Sans doute parce qu'il y a eu une trop longue interruption, il faudrait que je relise tout depuis le début. On perd de vue, me semble-t-il (et c'est dommage) les aventures adolescentes de la narratrice. Attendons la suite...
E.
Je te reconnais bien dans ce commentaire, cher ami !
Ne sois pas trop impatient ...
Enregistrer un commentaire