jeudi 19 janvier 2012

Women only ... 10


Note de l'auteur

Oui oui je sais ... La fréquence des publications diminue. Pardon lecteur !
Concernant cette histoire, "Women Only", on s'étonne, on regrette, qu'elle ne soit pas assez érotique. Serait-ce trahir l'esprit de ce blog ? On peut le penser, je le reconnais.
Pourtant, je tiens à rectifier : elle n'est pas encore d'une grande teneur érotique.
Je prends mon temps. Je lui fait l'amour lentement. Nous n'en sommes encore qu'aux préliminaires.
Walker


Comme chaque fin de journée, après être venue me saluer, Aurélie sort par la porte de service. Je m’étais préparée, je la file. La rue de l’orphelinat n’est pas très éloignée de mon magasin, j’adapterai le rythme de mes pas au sien, en prenant soin de rester à distance. Ni trop près, ni trop loin, afin de ne pas la perdre de vue.
Le parcours qu’elle emprunte me surprend : ce n’est pas la direction de la rue de l’Orphelinat ! Ce ne peut être un raccourci non plus, elle part à l’opposé du quartier qui est ma cible.
La chance m’abandonnerait-elle ? Mais où va cette gourde ? Aurélie est une fille bien gentille, mais pas très futée. Après quelques pas, je suis fixée : elle ne va pas chez sa maman. Je la vois monter dans un bus. Je devrais laisser tomber, remettre à une autre fois … mais cet itinéraire m’intrigue. Jouer les détectives m’amuse.
Pas question toutefois de monter après elle dans le bus, ce serait le meilleur moyen de me faire repérer. Un taxi ! La chance revient. « Suivez le bus, mais restez à distance ».
Le chauffeur se marre. « Alors ma p’tite dame, on joue à James Bond ? »
Je ne supporte pas qu’on se paye ma tête ! « Pas vraiment … Commissaire BERTRAND … Police Judiciaire … Vous voulez voir ma carte ? »
-         Non non ça va … s’cusez-moi, je pouvais pas savoir … »

Obligée de retenir un fou rire. Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais enfin je m’amuse. Cette petite plaisanterie m’éloigne des soucis que me cause mon cocufiage. Mine de rien, cette histoire m’a préoccupée. Si je me moquais bien de la séparation qui m’attendait, j’étais furieuse d’avoir été trompée, j’enrageais du comportement de Vincent, franc comme un cheval qui recule, disait ma grand-mère. Qu’il couche avec une pouffiasse, je n’irai pas jusqu’à dire que ça me faisait plaisir, mais ça ne me touchait pas tant que ça. Après tout, le plaisir qu’il n’a jamais su me donner, je serais surprise qu’il puisse le donner à une autre, fusse-t-elle gothique jusqu’au bout des seins. Mais qu’il me roule dans la farine, persiste à mentir, à se complaire dans la duperie, m’humiliait vraiment.
Ce petit intermède avait la vertu de m’écarter un petit moment de cette rage qui couvait en permanence sous un faux sourire.

Nous étions à présent bien loin de notre point de départ, quand je vis mon Aurélie descendre du bus.
« Vous me laissez ici … combien vous-dois-je ?
-         Depuis quand la police paie-t-elle ses courses en taxi ?
-         Hein ? … euh … quand le Commissaire est une honnête femme … mais dépêchez-vous sinon …
-         Bah ! Je n’en sais rien moi … quand vous m’avez dit qui vous êtes, j’ai arrêté le compteur ! …
-         Bon eh bien tant pis pour vous … Je ne vais tout de même pas attendre que vous calculiez une estimation ! Bonsoir … merci !
-         Service … »

Sympa vraiment ce job ! Non seulement on s’amuse bien, mais en prime, le taxi, c’est gratos ! La petite avait pris de l’avance, mais je la distinguais encore. J’accélère un peu. La prochaine fois que je m’aventure à ce jeu, je penserai à me chausser plus confortablement. Quelque chose de plus sportif que ces escarpins à talons !
Mais que vient-elle faire dans ce quartier peu recommandable ? Après quelques centaines de mètres de marche soutenue, je peux enfin souffler : Aurélie est entrée dans un … un club ? « Aphrodite » … Une façade peinte en noir, rose et violet, pas de vitrine. Un bar de nuit disent les gens bien. Un bar à putes aurait dit papa. Moi, je dis « un club » … parce que c’est ce qui est inscrit sur la porte. Ouvert à partir de 21h00 … Il est à peine 20h00 ! Comment Aurélie peut-elle entrer ?
Oui je sais … la question est bien naïve, mais notez que je débute dans ce métier moi !
Quartier louche, bar louche, ambiance louche. Un type passe près de moi. Très près, trop près.
« Bonsoir ! Tu bosses ?
-         Hein ? … euh … à votre avis ? Ben oui évidemment je bosse !
-         Et tu prends combien ?
-         Commissaire Bertrand, Police Judiciaire … Si vous ne partez pas immédiatement je répondrai à votre question mais ce ne sera pas combien de francs, mais combien d’années … de taule !
-         S’cusez-moi Madame … je pouvais pas deviner … y’a des gonzesses chez les keufs maintenant ? »

Le quidam n’a pas demandé son reste, et n’a pas attendu que je réponde à sa question. Pas mal le coup du commissaire ! Ca fonctionne bien … heureusement qu’on ne me demande pas ma carte de police !
Que faire maintenant ? Le petit stratagème qui a fonctionné avec le chauffeur de taxi et cet homme en quête de plaisir tarifé ne marchera pas bien sûr avec le personnel de l’Aphrodite. Eux les connaissent les vrais flics.
Battre retraite me semblait la seule solution. Les carottes étaient cuites pour ce soir (encore une expression de papa).
Au retour, j’ai payé la course du taxi, qui n’était d’ailleurs pas le même. Dommage, j’avais encore envie de m’amuser. Je suis rentrée très tranquillement. Le taxi m’a déposé à l’orée des rues piétonnières, j’ai flâné, léché quelques vitrines, dont celles de deux bijouteries devant lesquelles je me suis un peu attardée, à examiner la marchandise, et leur prix. Et, éprise de liberté, installée à une terrasse, je me suis fait servir une bière pression, que j’ai savourée en guettant les attitudes des passants. Je me sentais sereine.

... à suivre ...

1 commentaires:

Eric V. a dit…

OK, walker, je m'arme de patience... Pour l'instant c'est assez rigolo, l'enquêtrice amateur...

EV